📜 Notre Histoire

Jeannette Kibangu. Pourquoi ce nom ?

Elle s’appelait Jeannette Kibangu. C’était ma tante. Elle nous a quittés trop tôt, sans enfants, mais son esprit, lui, était destiné à ne jamais disparaître.

Si je connais aujourd’hui les intrigues d’Agatha Christie ou de Conan Doyle, si j’ai découvert Le Malheur de Sophie de la Comtesse de Ségur, c’est grâce à elle. Jeannette était une femme de lettres autodidacte, une lectrice boulimique qui m’a transmis ce goût sacré de la lecture. Elle était aussi une femme d’une énergie rare : entrepreneuse, fonceuse, toujours prête à transformer une idée en réalité.

C’est avec elle que j’ai compris la magie du bilinguisme. Quand je butais sur un mot ou une expression, elle me le traduisait en lingala ou le mimait avec un talent d’actrice hilarant. J’ai réalisé que les langues ne s’excluent pas : elles s’enrichissent par l’imaginaire.

Puisqu’elle n’a pas eu d’enfants, j’ai décidé de lui en offrir : mes personnages — Fifi et Patou, Zaïna et les autres — sont, en quelque sorte, les enfants de ma tante. J’ai appelé cette maison d’édition Jeannette Kibangu pour honorer celle qui savait transformer chaque histoire en un pont entre deux mondes.

Le sigle JK est bien plus que deux lettres : c’est le prolongement de son histoire, et le début de celle que nous écrivons maintenant pour nos enfants.

L’histoire derrière les Éditions JK

Arrivé en France à 13 ans, j’ai grandi dans le silence imposé du lingala au nom d’une intégration qui m’a fait perdre une part de moi-même. Des années plus tard, quand j’ai fait le choix inverse pour ma propre fille, on m’a prédit l’échec. Pourtant, à 4 ans, elle parlait sa langue, fière de ses racines. Ce jour-là, j’ai compris que la transmission ne devait pas être un privilège, mais un droit pour chaque enfant.

Personne ne voulait de ce projet dans les maisons d’édition traditionnelles. Alors, en 2016, j’ai créé la mienne. Je remercie Sylvie Lavoie, auteure du premier livre, et Anbleizdu, auteur de la première version de Fifi et Patou, de m’avoir accompagné pour donner corps à ce rêve et transformer cette vision en réalité.

Aujourd’hui, les Éditions Jeannette Kibangu proposent plus de 50 langues africaines et créoles, 4 univers, des livres distribués sur 3 continents et référencés à la Bibliothèque Nationale de France. Mon rêve est de connecter chaque enfant à sa double culture aux 4 coins du monde.

Comme le disait Kwame Nkrumah, premier président du Ghana et père du panafricanisme :« Je suis africain, non pas parce que je suis né en Afrique, mais parce que l’Afrique est née en moi. »

C’est exactement ça que je veux faire
Faire naître l’Afrique dans chaque enfant.
Pas avec des leçons. Avec des histoires. Avec des jeux. Avec des mots. Ave des sonorités différents.